Histoire du soir: pourquoi c’est si important de ne pas passer à côté de cette mine d’or pour nos enfants?

L’histoire du soir, une habitude banale, des effets insoupçonnés…

Vous lisez peut-être déjà une histoire le soir à votre enfant. Ou peut-être vous dites-vous que ce n’est pas bien grave s’il regarde un dessin animé à la place. Après tout, c’est reposant, non ?

Et pourtant…

Ce petit moment apparemment anodin pourrait bien être le secret de son épanouissement futur et l’unique antidote aux écrans pour reprendre les termes de Michel Desmurget, un neurophysiologiste.

Un moment que beaucoup sous-estiment, moi y compris pendant des années

Entre la course du quotidien, la fatigue, les tâches à n’en plus finir, on pourrait croire que lire une histoire le soir, ce n’est pas la priorité.

Effectivement, en France, d’après le rapport de l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire publié en 2021, 45% des jeunes de moins de 7 ans n’y ont jamais droit, ou presque.

Mais imaginez : vous êtes assis avec votre enfant, blotti contre vous, les yeux rivés sur le livre. Ce moment calme, complice… c’est bien plus qu’une simple lecture.

Partager un moment de lecture renforce le lien entre parent-enfant.

Le livre devient un rituel rassurant, un véritable repère émotionnel et temporel pour l’enfant.

Pourtant, la lecture partagée, le fait de lire à son enfant, comporte d’autres bénéfices.

Lire, c’est comme planter des graines invisibles

Lire un livre à son enfant, c’est un peu comme planter une graine dans son cerveau. Une graine qui, chaque soir, s’arrose de mots, d’images et d’émotions.

Et un jour cette graine germe : un vocabulaire plus riche, une imagination plus vive, une pensée plus construite.

Elle plonge aussi dans l’univers alphabétique, introduit les graphèmes/ phonèmes et nourrit le goût de la littérature-jeunesse.

C’est aussi un exercice précoce de déchiffrage, de segmentation en syllabes, et l’introduction au principe alphabétique : autant de base pour lire et écrire plus facilement.

Le début d’une transformation.

Ma propre histoire sur la lecture partagée

Je me souviens d’une longue période où, prise dans le tourbillon des journées, je ne lisais pas d’histoire du soir à mes filles. Je pensais qu’une routine libre feraient l’affaire avant le coucher.

Mais lorsque je me suis enfin mise à leur lire des livres (à partir des 4 ans et demie de ma grande ), j’ai vu la différence : un coucher plus facile, moins d’agitation, et surtout un attachement aux histoires que je ne soupçonnais pas…

C’était un vrai moment de langage oral partagé, à voix-haute, un espace où elle reconnectait avec les mots, les sons des phrases avant l’heure du coucher.

Les livres ont aussi facilité notre détox anti-écrans que j’ai amorcé à la même période.

La maitresse de moyenne section avait même remarqué que ma fille était plus réactive en classe, qu’elle était beaucoup plus encline à l’aider avec les tout-petits. Je lui avait parlé de notre détox et elle en était ravie.

Aujourd’hui, lorsque pour X ou Y raisons, je ne peux lire une histoire à mes enfants, mon aînée se met à pleurer.

C’est là que j’ai compris : les livres doivent absolument faire partie de leur vie et les écrans doivent être bani.

Une solution clé en-main toute trouvée

Si vous souhaitez trouver un programme-en-ligne qui aide les mamans à apprendre la lecture aux enfants avant le CP , ou même après, alors ce programme est fait pour vous.

Je l’ai acheté et utilisé avec ma fille ainée, qui après un an d’utilisation est capable de déchiffrer des texte en grande section. La formatrice utilise la méthode syllabique dont j’en parle dans cet article.

Ce programme, en s’appuyant sur la méthode de lecture syllabique est adapté aux enfants avant 6 ans. Il peut également accompagner les élèves de CP et de CE1 dans leur apprentissage de la lecture.

Explication : Pourquoi lire à son enfant transforme tout dans son cerveau

Quand vous mettez en place un rituel de lecture du soir, non seulement vous tisser un lien affectif avec votre enfant, mais en plus vous contribuez à mettre en place une transformation invisible mais réelle dans son cerveau

Michel Desmurget, qui est neurophysiologiste, explique scientifiquement les effets de la lecture partagé dans ce podcast.

Il a dit notamment une phrase courte mais qui résume parfaitement les propos du podcast, à savoir:

La lecture, pratiquée dès le plus jeune âge, est une véritable machine à intelligence pour les enfants et l’unique antidote solide contre la surabondance d’écrans.

De quoi redonner espoir aux parents comme moi! Moi qui m’inquiète des effets des écrans sur mes enfants dans le future. De lire ces paroles m’a rassuré.

La lecture, une formidable machine à fabriquer de l’intelligence

Après la parution de son livre “Dans la fabrique du crétin digital”, où il dénonçait les effets néfastes des écrans sur le cerveau de nos enfants,

Michel Desmurget s’est penché sur la littérature scientifique pour trouver quelles activités étaient bénéfiques pour développer l’intelligence et il en a trouvé de nombreuses : la musique, l’art, le sport, le jeu, mais la lecture se démarque de toutes.

« je n’en ai trouvé aucune qui ait des effets aussi larges, aussi profonds, aussi unanimes et surtout aussi transversaux que la lecture ».

Cette particularité s’explique

« parce que la lecture va vraiment affecter toutes les autres compétences. Elle a des impacts majeurs sur le langage, l’imagination, la créativité, l’expression écrite. Plus nous lisons, plus nous sommes capables de structurer notre pensée, d’organiser nos idées. Et plus les enfants lisent et plus ils sont à l’aise à l’oral aussi ».

Lire développe l’intelligence, augmente le QI mais elle forge aussi notre intelligence sociale et émotionnelle :

« les chercheurs parlent de simulation sociale et ce qui est intéressant, c’est que ce sont les mêmes réseaux neuronaux qui vont s’activer, la façon dont le cerveau va réagir à un sentiment, à une émotion réellement vécue qu’à une émotion vécue dans un bouquin ».

C’est pourquoi, le neurophysiologiste a déclarer lors de son podcast:

“les parents me demande souvent comment aider mon enfant à l’école? Lui procurer des livres est un bon départ”

La lecture partagée comme tremplin vers la lecture en faisant découvrir à l’enfant la “langue des livres”

Le neuroscientifique explique que l’école ne suffit pas à faire de l’enfant un lecteur:

« les parents considèrent que l’on apprend à lire au CP ou on considère que l’apprentissage de la lecture se réduit au décodage. Mais ce n’est pas du tout cela. Le décodage, c’est la raquette du tennis, c’est essentiel. On ne peut pas jouer sans, mais ce n’est pas lui qui fait l’expertise. La lecture, c’est comprendre. Et encore une fois, on l’a dit, il y a beaucoup plus de richesse langagière et plus de connaissances dans les livres et petit à petit, il faut construire ça et ça se construit à travers la lecture partagée ».

Frédéric BERNARD, qui est maître de conférences en neuropsychologie à l’université de Strasbourg, a aussi parlé de l’importance de lire des histoires à nos enfants dans cet article et a souligné ce point.

Il explique que les enfants à qui on a fréquemment lu des histoires entrent à l’école avec un vocabulaire plus important et de meilleures capacités de compréhension, ce qui permet de poser les bases de la lecture.

Pour preuve étayant les effets bénéfique de la lecture partagée, on pouvons citer une méta-analyse d’Adriana Bus et de ses collègues, publiée en 1995 dans *Review of Educational Research* , qui montrait déjà que 64 % des enfants bénéficiant de la lecture partagée étaient les meilleurs lecteurs à l’école, ce nombre chutant à 36 % pour les enfants n’en bénéficiant pas.

De plus, les résultats de la méta-analyse de 2011 vont dans le même sens en pointant les corrélations positives entre les activités de lecture partagée avec des enfants entre 2 et 6 ans et leur niveau de langage oral, tout comme l’étendue de leur vocabulaire et la capacité à l’utiliser et, enfin, le niveau atteint par la suite en lecture.

De quoi se motiver pour lire des histoires à nos enfants !

La lecture partagé, en développant les capacités de langage et de lecture, stimulera en retour le goût de l’enfant pour la lecture.

Frédéric BERNARD explique aussi que le rituel de la lecture partagé dès le plus jeune âge en développant les compétences en langage et en lecture poussera l’enfant à aimer en retour la lecture et les livres.

Il écrit:

Pour en revenir aux liens entre lecture partagée et goût pour la lecture, regardons les résultats de l’étude d’Elsje van Bergen et de ses collègues réalisée aux Pays-Bas et publiée en 2017 dans *The Journal of Child Psychology and Psychiatry* . Les chercheurs ont exploré les liens de causalité entre les capacités de lecture et le goût pour la lecture, mesuré en tenant compte uniquement de la lecture pour le loisir à la maison – et pas de celle d’ouvrages proposés par l’école – chez plus de 11 000 jumeaux ayant un âge moyen de 7 ans et demi.

Après avoir mis en évidence dans un premier temps la corrélation positive (0,41) significative entre les capacités de lecture et le goût pour la lecture chez ces enfants, les auteurs de l’étude ont fait une analyse statistique supplémentaire qui leur a permis d’en conclure que ce sont les capacités de lecture, variables d’un enfant à l’autre, qui déterminent le goût pour la lecture plutôt que l’inverse.

Ainsi, selon les résultats de cette étude, c’est l’aisance par rapport à la lecture qui amènerait les enfants âgés de 7-8 ans à lire davantage pour le plaisir et non pas le goût pour la lecture qui déterminerait les capacités de lecture.

Comment donner envie de lire à nos enfants ?

Michel Desmurget préconise à la famille de sensibiliser son enfant à la lecture dès son plus jeune âge:

« Les études montrent qu’il faut lire des histoires aux enfants le plus tôt possible. Entre trois et six mois, on a plein d’effets positifs. Il y a même des études avec des prématurés qui montrent que dès la naissance, cela a des effets positifs sur les interactions, les émotions, la dynamique familiale ».

Celui-ci insiste sur le fait de continuer à leur lire des histoires le plus tard possible, même lorsqu’ils apprennent à lire.

De même il est important de l’accompagner afin qu’il ne se dégoûte pas de la lecture

« donner aux enfants des livres qui sont en dehors de leur compétence, c’est le meilleur moyen qu’ils se cassent les dents, de les mettre en échec et de faire en sorte qu’ils soient à jamais dégoûtés de la lecture ».

La lecture du soir permet de créer un lien positif avec les livres. Ce qui reste vrai pour les enfants souffrant de dyslexie. Car la lecture du soir permet de créer du lien affectif par rapport aux livres et de favoriser l’imaginaire de l’enfant.

Conseil de Armelle chaumaz, orthophoniste: « si votre enfant est dyslexique, continuez à lui lire des histoires pour qu’il garde le goût des livres et choisissez-les ensemble. »

http://www.armellechaumazorthophoniste.com/parler/raconte-moi-une-histoire

Comment lire une histoire ?

Voici quelques conseils de l’orthophoniste, Armelle Chaumza, pour bien lire une histoire à votre enfant:é

  • Installez-vous dans un endroit calme et confortable.
  • Ne lisez pas trop vite : laissez le temps à votre enfant de comprendre ce que vous dites. On dit que la compréhension se fait dans les silences, alors ne craignez pas de faire des pauses.
  • Mettez le ton, faites des gestes. Vous pouvez utiliser des voix différentes pour les personnages et libérer l’acteur/l’actrice qui sommeille en vous.
  • Commentez les images et le texte. Vous n’êtes pas obligé de « rester collé » au texte, vous pouvez l’agrémenter de commentaires personnels. « Oh, c’est comme chez Mamie, tu te souviens ? »
  • Expliquez le vocabulaire. Voilà une excellente occasion d’apprendre des mots nouveaux !
  • Avant de tourner la page, faites deviner à votre enfant la suite de l’histoire. « Et après, à ton avis, que va-t-il se passer ? » Suspense garanti !
  • Relisez la même histoire tant que votre enfant vous la demande. C’est le signe qu’il y a quelque chose qui le touche ou l’intéresse. Et c’est aussi l’occasion de developper sa mémoire.​

Un programme clé-en-main pour apprendre la lecture

Les grandes vacances arrivent à grand pas, si vous chercher une formation pour enseigner la lecture à vos enfants, je vous recommande la formation de maman sereine, que j’utilise avec ma fille ainée et que je compte utiliser avec ma fille cadette cet été avant son entré en grande section !

Cette formation se base sur la méthode syllabique et comporte des jeux interactifs tirés de la pédagogie Montessori pour développer la conscience phonologique.

C’est une formation-pépite qui permet d’accompagner aussi bien les enfants en difficultés de lecture au primaire comme les enfants en maternelle.

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FAQ – Lecture et apprentissage

Est-ce que la lecture du soir aide à apprendre à lire ?
Oui. Ce rituel renforce les compétences en déchiffrage, syllabes, voyelles et prépare au principe alphabétique, favorisant la réussite en lecture CP.

Peut-on aider un enfant en difficulté de lecture ?
Absolument. En combinant lecture partagée, méthode syllabique, et éventuellement aide d’un orthophoniste, on réduit les difficultés de lecture et on améliore l’orthographe.

La lecture à voix-haute améliore-t-elle la vitesse de lecture ?
Oui. Lire à haute voix (haute-voix) permet de mieux mémoriser les sons, les structures, et d’améliorer la vitesse de lecture ainsi que la fluidité.

Quand un enfant est-il capable de lire et écrire ?
Grâce à un rituel régulier, dès la grande section / CP, votre enfant aura déjà acquis le goût de savoir lire, la mécanique du mot, et pourra passer plus facilement aux cours de lecture formels.

Sources:

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